mercredi 18 mai 2011

Les Etats-Unis vont sanctionner Bachar Al-Assad

Le président syrien Bachar Al-Assad.
Les Etats-Unis ont décidé, mercredi 18 mai, de sanctionner directement le président syrien, Bachar Al-Assad, ainsi que six autres des principaux chefs du régime, pour leur rôle dans la répression sanglante de la révolte dans ce pays.
Le nouvel ordre exécutif signé par M. Obama "est une mesure décisive pour accroître la pression sur le gouvernement syrien afin qu'il cesse la violence contre son peuple et entame la transition vers un système démocratique", affirme un communiqué. "Comme nous l'avons déjà dit, Assad doit diriger une transition politique ou partir", peut-on également lire dans ce document émanant de la diplomatie américaine et du département du Trésor.

Un éventuel départ de M. Assad "est une décision revenant au bout du compte au peuple syrien", affirment encore les Etats-Unis pour justifier l'absence d'appel au départ du président.
Six autres personnes sont également visées pour leur rôle dans les massacres : le vice-président, Farouk Al-Shara, le premier ministre, Adel Safar, le ministre de l'intérieur, Mohammed Ibrahim Al-Shaar, le ministre de la défense, Ali HabibMahmoud, le chef du renseignement militaire, Abdoul Fatah Qudsiya, et le"directeur de la sécurité politique", Mohammed Dib Zaitoun.
Le président des Etats-Unis, Barack Obama, avait imposé le 29 avril une première série de sanctions contre plusieurs responsables du pouvoir syrien, dont le frère cadet du président Assad, Maher.
UNE NOUVELLE MESURE POUR FAIRE CESSER LE "MASSACRE"
Cette annonce intervient alors qu'au moins huit civils ont été tués mercredi dans la localité de Tall Kalakh (Ouest), assiégée par l'armée depuis plusieurs jours. Des militants des droits de l'homme ont fait état de bombardements sur la ville et de tirs à l'arme automatique, ajoutant que de nombreux blessés gisaient dans la rue sans que l'on puisse les évacuer.
La veille, des habitants joints par téléphone avaient parlé d'un "massacre" et fait état de dizaines de blessés dans les rues.
Un appel à la grève générale lancé contre le régime autocratique, qui réprime depuis deux mois une révolte sans précédent en Syrie, semblait avoir été peu suivi mercredi. La répression a fait depuis le 15 mars au moins huit cent cinquante morts selon des ONG et l'ONU, et a entraîné plus de huit mille arrestations et la fuite de milliers de Syriens. Le pouvoir accuse des "groupes terroristes armés"d'être à l'origine des troubles.

Mise en garde de Moscou concernant une éventuelle résolution

La Russie ne soutiendra pas au Conseil de sécurité des Nations unies une résolution sur la Syrie si elle est analogue à celle qui a permis un recours à la force en Libye, a averti, mercredi, le président russe, Dmitri Medvedev.
"Je ne soutiendrai pas une résolution de ce genre, même si mes amis et alliés me le demandent", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Le ministre des affaires étrangères français, Alain Juppé, a déclaré, mardi 17 mai, que la France et la Grande-Bretagne étaient en passe de rallier suffisamment de voix pour l'adoption d'une résolution, à condition que la Russie et la Chine n'y opposent pas un veto.

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