BRUXELLES, BUREAU EUROPÉEN - Des ministres des finances sous le choc : les grands argentiers de la zone euro se sont retrouvés lundi 16 mai à Bruxelles, abasourdis par l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York pour tentative de viol. Le directeur général du FMI devait participer à la réunion, mais il a été remplacé au pied levé par une de ses adjointes, Nemat Shafik.
L'eurogroupe devait chercher à minimiser l'impact de cet événement sur la gestion de la crise de la zone euro, tout en tentant, en coulisse de préparer la probable succession de M. Strauss-Kahn.
Les Vingt-sept espèrent être en mesure de présenter un de leurs ressortissants pour occuper le poste du Français en cas de démission de celui-ci. "Si un successeur est nécessaire, les Européens devraient présenter un candidat", estime José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne.
"Les Européens sont sous pression pour céder le poste au ressortissant d'un pays émergent, mais ils se sentent légitimes pour le conserver, car les Américains tiennent de leur côté à assurer la direction de la Banque mondiale", dit un haut responsable financier européen. "La question n'est pas à l'ordre du jour, mais elle est va être évoquée en coulisse", renchérit un diplomate britannique.
"Dans cette phase, il y a de bonnes raisons pour dire que l'Europe a de bons candidats", a déclaré la chancelière Angela Merkel lundi matin tout en assurant qu'il était "important de ne pas prononcer des accusations".
Seul problème : l'éventuelle démission de M. Strauss-Kahn risque de prendre de cours les Européens, qui se donnaient jusqu'à la fin juin pour gérer l'après-DSK au FMI dans l'hypothèse de sa candidature aux primaires socialistes en France.
"LE DIALOGUE SE POURSUIT"
A peine arrivé à Bruxelles, le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a qualifié l'affaire d'"épouvantable". Mais d'après lui, le scandale Strauss-Kahn n'aura cependant pas d'impact sur la gestion de la crise de la dette en zone euro. "Je ne vois pas ce que des faits avérés ou supposés dans un hôtel de New York ont à voir avec la crise de l'euro", a indiqué le ministre allemand. D'après son homologue française Christine Lagarde, "le dialogue se poursuit" entre les instances européennes et le FMI.
Les ministres des finances devaient donner leur aval, comme prévu, au plan d'aide au Portugal : 78 milliards d'euros, dont un tiers financé par le FMI. Ils doivent surtout tenter de trouver un terrain d'entente au sujet de la Grèce, un an après le premier plan d'aide.
L'Allemagne plaide pour un rééchelonnement de la dette grecque, qui associerait les investisseurs privés. D'autres pays, dont la France, soutiennent plutôt l'idée d'un nouveau plan d'aide, afin de prolonger le plan initial. Les uns et les autres devaient insister sur la nécessité de nouvelles réformes, et d'économies supplémentaires en Grèce.
Philippe Ricard
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