samedi 24 décembre 2011

Yémen : le président Saleh ira aux États-Unis


Le président SalehLe président du Yémen Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 33 ans, a annoncé samedi à des journalistes qu'il se rendrait aux États-Unis « dans les prochains jours [...] pour calmer le jeu ». Pendant ce temps, ses troupes faisaient au moins neuf morts à Sanaa en tirant sur plus de 100 000 manifestants venus de Taëz, bastion de l'opposition situé à 270 km au sud de la capitale, selon des responsables médicaux.
Des responsables yéménites affirment que le départ du chef de l'État était prévu dans un court délai après la signature fin novembre d'un accord par lequel il s'engageait à transférer ses pouvoirs à son vice-président et à quitter le pouvoir, sous la pression de très nombreuses et importantes manifestations depuis février.

Entre-temps, le vice-président, Abed Rabbo Mansour Hadi, a formé un gouvernement d'unité nationale. Une élection présidentielle est prévue pour le 21 février, mais l'opposition accuse Saleh de continuer à user de son influence par l'intermédiaire d'alliés ayant conservé leurs postes.
Samedi, une marche de plus de 100 000 manifestants partie de Taëz quatre jours auparavant est arrivée à Sanaa pour exiger que Saleh réponde de la répression de la contestation et ne bénéficie pas de l'immunité judiciaire.
Mais les forces commandées par le fils et le neveu du président ont ouvert le feu, tuant au moins 8 personnes et faisant plus de 200 blessés, selon 2 médecins opérant dans l'un des hôpitaux de campagne des manifestants, les Drs Mohammed el-Qoutbi et Sadeq el-Shogaa.
Des manifestants ont riposté par des jets de pierre. Les affrontements ont duré plusieurs heures. Une neuvième personne a été tuée plus tard, selon un militant, Abdel-Karim el-Khaywani. Au moins 500 000 personnes ont fini par être rassemblées pour manifester, ont affirmé des militants.
Dans la soirée, Saleh a déclaré à des journalistes présents dans son palais qu'il comptait « partir pour les États-Unis dans les prochains jours. Pas pour me faire soigner [il a été blessé dans une attaque en juin, NDLR], mais [pour] m'effacer le temps que les médias calment le jeu pour que le gouvernement d'unité organise l'élection présidentielle ». Il compte bien rentrer pour « oeuvrer politiquement en tant que figure de l'opposition ».
D'après des responsables gouvernementaux ayant requis l'anonymat, des ambassadeurs des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine) ont fait pression la semaine passée sur le président Saleh pour qu'il quitte le Yémen.

Associated Press

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