Le général à la retraite Ilker Basbug a passé sa première nuit en prison en raison de son implication présumée dans une campagne visant à discréditer le parti au pouvoir, l'AKP. Il lui est également reproché d'avoir dirigé une « organisation terroriste ».
Ilker Basbug, à la tête de l'état-major jusqu'en 2010, a quitté très tôt vendredi le tribunal d'Istanbul, après sept heures d'interrogatoires. Il a été conduit sous escorte policière vers la prison de Silivri, à 80 km à l'ouest de la ville. C'est là que sont jugées, dans un tribunal construit spécialement pour l'occasion, les centaines de personnes impliquées dans l'affaire Ergenekon.
Selon l'enquête, qui se base sur des conversations enregistrées, un groupe de militaires avait l'intention de renverser le gouvernement Erdogan en 2003, un an après son arrivée au pouvoir.
Les présumés putschistes auraient préparé des attentats contre des mosquées et des musées pour déclencher le chaos dans le pays et, ultimement, trouver une justification pour faire tomber le gouvernement.
Plusieurs dizaines d'officiers, en activité ou à la retraite, ont été emprisonnés au cours des dernières années dans le cadre de plusieurs enquêtes sur des complots supposés visant le gouvernement, mais il s'agit de la première arrestation d'un ancien numéro un de l'armée.
L'enquête comporte plusieurs ramifications, notamment sur des sites Internet qu'auraient créés des officiers pour diffuser une propagande antigouvernementale et déstabiliser la Turquie.
Cette affaire est considérée comme l'un des aspects de la lutte d'influence que se livrent l'AKP au pouvoir, formation conservatrice issue de la mouvance islamiste modérée, et l'armée, qui s'est érigée depuis Kemal Atatürk comme garante de la laïcité turque.
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