samedi 11 février 2012

Mokdad Sifi critique Bouteflika et Ouyahia "Il n’est plus possible de continuer comme ça !"


mokdad sifi رئيس الحكومة السابق مقداد سيفي: ملف الأفامي كان يسير بسرية وفوز نحناح برئاسيات 1995 دعايةMokdad Sifi, ancien chef du gouvernement, n’a pas l’intention de créer un parti politique. « Je n’ai pas refusé le processus de consultations politiques engagées par Abdelakeder Bensalah en juin 2011 pour m’y insérer après en créant un parti. Les conditions actuelles ne le permettent pas », a‑t‑il déclaré ce samedi 11 février à Alger lors des débats "Mille et une news" organisés par le quotidien national Djazaïr News.
 
M. Sifi a également démenti son adhésion au parti de l’Union des forces démocratiques et sociales (UFDS) de Noureddine Bahbouh créé dernièrement. « Et j’ajoute que je n’ai pas de rapports avec Liamine Zeroual », a‑t‑il insisté. Entre 1994 et 1995, Mokdad Sifi a été chef du gouvernement alors que le général Liamine Zeroual était président de l’État, puis président de la République après les élections de novembre 1995. « Je suis fier d’avoir contribué à ces élections qui étaient propres et honnêtes, les meilleures jusque‑là. Le peuple a voté massivement. Zeroual a réussi à maintenir le pays debout. Il  a été victime d’une cabale médiatique. On ne lui a pas pardonné d’avoir appelé à la rupture avec les pratiques du passé. Il a été forcé la démission », a‑t‑il déclaré.
 
L’ancien Premier ministre n’a pas voulu révéler qui a été à l’origine de "la cabale médiatique" contre Zeroual. Il a, par contre, qualifié de catastrophique la gestion d’Ahmed Ouyahia à partir de 1996, sans toutefois le nommer. Il a condamné la dissolution de centaines d’entreprises publiques et l’emprisonnement des cadres ordonnés par Ahmed Ouyahia (opération appelée « moralisation de la vie publique »). Selon lui, le FMI, qui avait négocié avec l’Algérie le rééchelonnement de la dette à partir de 1994, n’a jamais exigé la fermeture des entreprises publiques. À l’époque, l’entourage de l’actuel Premier ministre avait répandu l’idée que les compressions des effectifs (plus de 300 000 emplois) dans le secteur public étaient « une conditionnalité » du FMI.
 
Mokdad Sifi a cependant reconnu l’existence de « clauses secrètes » dans l’accord signé avec le FMI. « À l’époque, l’Algérie était en cessation de paiement. Nous avions 8 milliards de dollars de recettes et un service de la dette de 9 milliards de dollars. La meilleure des wilayas avait un stock de blé de six jours », a‑t‑il indiqué.
 
Revenant sur la gestion actuelle des affaires du pays, il a estimé que malgré les ressources importantes du pays, le président Abdelaziz Bouteflika a échoué à relancer la machine économique et à rétablir le processus démocratique après douze ans de règne. « Le  pays est mal géré par des gens qui ont accaparé illégalement le pouvoir en utilisant la violence et la corruption pour se maintenir au pouvoir (…) Il n’est plus possible de continuer comme ça ! Il faut accélérer par des moyens pacifiques la disparition du régime. Ce régime ne peut pas échapper au verdict de l’Histoire, sa disparition est inéluctable », a‑t‑il déclaré.
 
À propos du retrait des six candidats à la présidentielle en avril 1999, en raison de soupçons de fraude en faveur d’Abdelaziz Bouteflika alors candidat de l’armée, Mokdad Sifi a révélé avoir refusé l’organisation de marches pour bloquer le processus électoral. « Je n’avais pas de parti, j’avais des bénévoles qui m’avaient soutenu. Je ne voulais pas qu’ils sortent dans la rue. Les marches étaient interdites », a‑t‑il dit.
 
Mokdad Sifi a enfin critiqué la réaction molle des autorités face à la détresse des Algériens confrontés aux intempéries. « Cette attitude est anormale (…) Les autorités locales n’ont ni moyen ni pouvoir », a‑t‑il souligné, ajoutant que « la moindre des choses serait que les responsables se déplacent et soutiennent les populations ». TSA

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